Actualités régionales

Plan pauvreté : les réactions des élus bourguignons

14 septembre 2018 à 06h30 Par la rédaction
Marie-Guite Dufay, présidente de région (ici lors de sa cérémonie de vœux en janvier) fait partie des personnalités à avoir réagi à ce plan pauvreté
Crédit photo : K6FM

Après la présentation du plan pauvreté ce jeudi par Emmanuel Macron, les réactions, souvent assez critiques, des personnalités politiques de Côte d’Or et de Bourgogne se sont succédé. En voici quelques-unes.

Marie Guite Dufay, présidente de région :

« Le Président de la République prend enfin conscience du drame de la pauvreté dans notre pays.

Le diagnostic posé par le Gouvernement est juste, mais la plupart des mesures proposées ne prendront effet qu’en 2020 ou 2021.

Le tournant social de ce quinquennat n’est donc pas pour aujourd’hui.

Je le regrette, car c’est maintenant qu’il faut protéger celles et ceux qui se sentent oubliés et relégués.

A la Région, nous n’avons jamais abandonné ces combats et nous ne les abandonnerons pas.

Nos concitoyens en situation de pauvreté ne peuvent pas attendre. »

Antoine Hoareau, Secrétaire de la section PS de Dijon :

« Le Président de la République nous avait habitué à un discours sur la responsabilité individuelle dans la pauvreté. Le précaire était l'unique responsable de sa situation et en plus il coûtait « un pognon de dingue ». Revirement total de langage ce matin lors du discours annonçant le plan pauvreté. Ce changement de paradigme ne cache néanmoins pas la pauvreté d'un plan voulant pourtant l'éradiquer.

Si ambitieux soit-il, le plan pauvreté est annoncé avec un budget de seulement 8 milliards d'euros sur 4 ans, soit 2 milliards par an. Comparés aux 25 milliards d'euros de cadeaux fiscaux offerts aux plus fortunés, les priorités du Président sont clairement affichées. Et d'où viennent les 8 milliards du plan pauvreté sur 4 ans ? Des 8 milliards d'économies sur 2 ans pour les APL, les prestations familiales et les retraites. Un beau discours pour zéro euro sur le dos des plus fragiles. La lutte contre la pauvreté est une nécessité absolue avec laquelle on ne doit pas, on ne peut pas, jouer pour cacher sa politique de « président des riches ».

Le discours de ce matin se heurte au bilan des 18 derniers mois. Nous aimerions croire en la parole du Président mais comment s'y fier au regard de la politique sociale du gouvernement après la hausse de la CSG pour les retraités, la désindexation des pensions de retraites, la diminution des APL, le gel du SMIC, la suppression massive de postes de fonctionnaire, la suppression de l'ISF ? Et la liste n'est pas exhaustive.

Le Président de la République a demandé une mobilisation de tous les acteurs concernés, en particulier des collectivités locales. Mais comment créer de nouvelles places en crèches, comment développer l'action des CCAS, quand en même temps le gouvernement limite drastiquement leurs marges financières les accusant de trop faire et trop dépenser.

Le plan pauvreté pourrait être un beau programme s'il n'était pas un plan si pauvre en moyens et en considérations. »

 

Association de défense des consommateurs CLCV de Côte d’Or :

Le Président de la République vient de faire des annonces concernant la pauvreté en France mais beaucoup semblent encore oubliés. 

Nous n'oublions pas à la CLCV l'attaque frontale faite par le gouvernement au modèle du logement social avec la baisse des APL.

Les mesures annoncées si elles sont justes ne sont pas suffisantes, la première dépense faite par les francais reste le logement, le fossé se creuse de plus en plus pour les petits revenus.

Nous alertons une nouvelle fois la classe politique locale sur cette situation, pas de travail=pas de logements ni pouvoir d'achat.

Nous resterons mobilisés pour défendre nos valeurs.