« Fret SNCF, victime de la réforme », selon l’intersyndicale

Photo@K6FM
12 juin 2018
Par Fabrice Aubry
Alors que l’examen du projet de la réforme de la SNCF arrive dans sa phase finale cette semaine, les syndicats maintiennent la pression. Une nouvelle manifestation, notamment pour défendre le fret, est prévue ce mardi midi à Longvic, vers le rond-point de Beauregard.

L’ouverture à la concurrence, dogme de cette loi et du gouvernement, devrait être regardée à l’aune de ses conséquences dans le fret ferroviaire. De 50 Milliards de tonnes/km au début des années 2000 pour la seule SNCF, la part modale du fer n’est plus que de 34 Mds de t/km (source Eurostat 2015) pour un secteur atomisé par 2 ouvertures à la concurrence (internationale puis nationale) dans lequel aucun opérateur ne trouve de modèle économique viable. Tous en déficit, malgré les restructurations (2 chez ECR) et les emplois perdus (10 000 à Fret SNCF), malgré une convention collective de faible niveau que certains opérateurs ne respectent pas ou essaient de s’y soustraire. On voit clairement que ce ne sont pas les conditions de travail ou de rémunération des salariés ou les statuts qui sont un frein au développement du ferroviaire, mais bien la distorsion liée aux conditions faites au transport routier qui ne porte pas les conséquences externes de son activité (infrastructures, pollutions, accidentologie, dumping social ...). L’actualité récente sur la RCEA démontre que d’autres choix doivent être faits pour un report modal respectant les engagements écologiques pris par les états et des normes sociales de haut niveau dans une logique de complémentarité modale et non de concurrence destructrice. Nous l’avions dit en 2010 à la gare de triage de Gevrey-Chambertin en la déclarant d’utilité publique : oui, le fret ferroviaire est d’utilité publique et il doit reprendre sa place au service de la collectivité ! C’est le message et l’engagement fort des cheminots réunis sur le site fret de PERRIGNY qui viendront rendre à la circulation une voie dans la zone industrielle de Longvic vers le rond-point de Beauregard.

Les organisations syndicales CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT appellent à faire du 12 juin un temps fort d’expression de la colère cheminote par le biais d’une participation massive à la grève unitaire, à l’image de la « journée sans cheminot » du 14 mai dernier.

Communiqué de l’intersyndicale cheminots